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Cette lecture fût un cadeau, dans tous les sens du terme. En effet, Abi m’a offert les livres de ce cycle pour qu’à mon tour, je découvre la plume de Pierre Grimbert, un auteur qu’elle affectionne depuis qu’elle a lu (dévoré) le cycle de Ji. Après cette révélation efficace et rafraichissante, j’ai eu envie de lire le fameux cycle de Ji, et ceux qui ont suivi. Laissez-moi vous dire pourquoi.
Si « La Malerune » était un plat, ce serait un dessert aux saveurs d’entant qu’on relève avec ce qu’il faut d’épices exotiques.
En effet la recette de base est des plus traditionnel : des événements inquiétants rassemblent une communauté hétéroclite autour d’une quête qui va amener nos héros à lutter contre des forces maléfiques…
Mais en fait il ne s’agit pas tant de vaincre le Mal au profit du Bien que de rétablir l’Equilibre entre ces deux forces opposées. Pierre Grimbert nous fait voyager dans un monde manichéen dans lequel chaque composante est complémentaire et nécessaire. Et comme l’originalité est au rendez-vous, on se laisse facilement séduire par cette bonne vieille recette en noir et blanc.
Qu’elle ait des tendances bonnes ou mauvaises, chaque race peuplant ce monde est fascinante au point qu’on regrette presque qu’il n’y ai davantage de tomes histoire d’en apprendre plus à leur sujet.
La Magie n’échappe pas à ce dualisme mais, encore une fois, rien de lassant d’autant que sa pratique est novatrice. Elle apparait réellement mystérieuse et donc naturellement réservée à quelques initiés. Ici point d’étincelles qui sortent de baguettes, ni de boules de feu spectaculaires qui émanent du magicien. La Magie est un Art dans le plus pur sens du terme.
Les héros de l’aventure sont malheureusement stéréotypés : le vieux sage et la jeune érudit qu’il prend sous son aile, le guerrier fort et taciturne et la farouche amazone dont ils s’éprend. Ce traitement si convenu des personnages, de leurs attitudes et de leurs relations m’a d’abord hérissé le poil. Et c’est là que la magie de Grimbert et Robert opère, on finit par s’attacher à Zétide, Ariale, Hogo et Lucia et on en vient à se rendre complices des choix un peu banals dont les auteurs se rendent coupables.
De même qu’ils savent nous faire apprécier leurs personnages, ils ont un talent à mon sens encore inégalé pour décrire les scènes de sorte qu’on à l’impression de les vivre. Ainsi, c’est au gré de quelques phrases simples qu’on se retrouve sans s’en apercevoir au comble de l’angoisse, de la colère, du désir ou de la joie. De même, ils n’ont pas leur pareil pour rendre les ambiances et on contemple sans efforts les mêmes paysages que nos héros. On est « absorbé » par le livre.
En conclusion, on peut affirmer que Pierre Grimbert et Michel Robert ont su démonter qu’on pouvait surprendre et passionner à partir d’une recette simple pour peu qu’on y ajoute quelques ingrédients qui font que le lecteur ne peux oublier son aventure.
par Gabrielle