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Les crééations de Gabrielle et Abigaelle

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1-1 Jocaste

Larmes de Dragons Tome 1On n’entendait que le murmure du vent dans les feuillages et le martèlement monotone des sabots des chevaux fatigués sur les sentiers du vert pays de Nisset. Jocaste avait ralentit l’allure du convoi qu’elle menait : huit fines lames du désert et le nain, Pierre Orilrusé, son ami des montagnes, venu la soutenir en ces régions où les gens du Sud avaient une piètre réputation. A l’instar de leurs montures, ils étaient tous épuisés par cet interminable voyage qui les avait arrachés à leur désert bien aimé pour aller à la rencontre d’un roi dont ils ne savaient presque rien.

 

Ils n’avaient pas rencontré de grands dangers, malgré tout ce qu’on pouvait raconter sur les esprits et les bêtes qui hantaient la chaine des Echos qui séparait leur univers du reste de l’humanité. Ca n’avait pas été facile pour autant. En effet, ils avaient voyagé, en partie, sous la montagne, dans les mines séculaires des nains, des endroits certes magnifiques et chaleureux, mais d’où l’on ne pouvait voir le ciel et se repaitre du ballet nocturne des étoiles. En dépits de la bienveillance des nains avec qui ils avaient toujours entretenu de bonnes relations, la caresse chaude du soleil avait terriblement manqué aux hommes du désert. L’autre partie de cette traversée, à l’air libre cette fois, avait été pénible tant pour les cavaliers que pour les chevaux. En plus de la fatigue physique, ils avaient souffert de la morsure du froid de  l’altitude.

 

Ici, dans la région d’Adamante, les températures étaient un peu moins extrêmes et les routes plus praticables, quoique Jocaste préféra cheminer sous le couvert des épaisses forêts pour éviter les milices qui avaient bien du mal à comprendre leur présence à Nisset. Elle se sentait comme une fugitive et cela la rendait nostalgique de ses jeunes années de lutte auprès de Jacob. Mais leur beau combat ne se résumait aujourd’hui qu’à quelques conflits et le temps était maintenant aux alliances incertaines.

Hommes, nain et chevaux avaient pu prendre du repos et manger à satiété dans quelques modestes et discrètes auberges mais le moral n’y était plus. Leurs compagnons et leurs familles restés à Djezebat leur manquaient. Jocaste se languissait déjà de son époux. Elle repensa à cette dernière nuit passée ensemble, à ses bras protecteurs, à la chaleur de son corps qui semblait l’enveloppée toute entière, à ses recommandations susurrées sur l’oreiller. Elle avait décelé de l’inquiétude dans sa voix habituellement pleine d’assurance et ça l’avait perturbée. Elle avait commencé à douter de cette nouvelle voie que Jacob avait ouverte et son incertitude n’avait fait que croître en découvrant le spectacle d’un royaume décadent où la misère frappait aux portes des notables qui n’y remédiaient pas et continuaient à profiter de leurs privilèges. Sa gorge s’était serrée à plusieurs reprises face aux indigents, aux enfants malingres qui étaient si nombreux qu’elle avait dû renoncer à faire la charité à tous.

 

 -Nous arrivons en vue d’Adamante, Jocaste.


La voix de Bashir, le chef des gardes, la sortit subitement de ses  rêveries nostalgiques et de ses pensées maussades qui menaçaient de lui faire courber le dos et renoncer. Elle ne put pourtant réprimer une exclamation d’appréciation devant le spectacle qui s’offrait à elle : une vaste et haute cité se dressait, majestueuse, telle un fier galion sur une mer d’herbe émeraude.

 

- C’est magnifique ! 

 

- Bienvenu dans le berceau de l’humanité mon amie. C’est ici que le premier royaume humain fut créé. Tes ancêtres Jocaste, commenta Pierre Oeilrusé avec la bonhommie qui lui était coutumière. 

 

Pourtant Jocaste répondit à son ami par un regard d’acier, elle ne voulait rien avoir de commun avec eux. Elle n’était là que par loyauté envers Jacob. Elle talonna Kashue, son destrier noir, donnant au convoi le signal. Ils allaient à la rencontre de l’avenir d’un peuple.

 

Jocaste se raidit malgré elle à l’approche des remparts de la capitale de Nisset. Elle craignait la réaction des gardes quand elle se présenterait mais elle n’eut pas à le faire, les portes étaient grand ouvertes et les soldats d’Adamante les laissaient passer non sans les toiser avec curiosité. Le convoi chemina sans trop d’encombres dans les rues animées de la ville. Les badauds étaient certes intrigués par leur tenue singulière, la couleur de leurs yeux et la petitesse de leurs chevaux mais ils retournaient bien vite à leurs occupations.

 

- C’est bientôt la foire du Printemps, ces gens doivent nous prendre pour des forains. Expliqua Pierre.

 

- Qu’est-ce qu’une foire Pierre ?  interrogea Jocaste.

 

- Cela ressemble à nos marchés mais avec plus de divertissements et des marchandises qui n’ont pas cours chez vous. Mais peut-être aurez-vous l’occasion d’y participer. 

 

Ces gens étaient donc habitués aux foules bigarrées et aux étrangers. Jocaste n’en était pas moins mal à l’aise. Les remparts d’Adamante ne semblaient servir qu’à cacher la misère de la ville basse empuantie où s’agglutinaient les miséreux croupissant dans leur propre crasse.

 

 - On ne verra jamais ça à Djezebat Pierre, j’y veillerai, affirma Jocaste d’une voix ferme, écœurée de découvrir que des personnes, aussi pauvres soient-elles, renoncent à leur dignité et à tout espoir avec résignation.

 

- Je sais mon amie mais ici les rois n’ont plus d’idéaux et trop de choses à gérer, expliqua le nain que plus rien n’étonnait.

 

- J’aurais honte de m’installer sur un trône luxueux alors que les pauvres sont assis dans la boue.

 

- Ne soyez pas prompte à juger Jocaste. Vous ne pouvez comparer Nisset et Djezebat qui est un tout jeune royaume. Peut-être que votre belle cité sera un jour peuplée d’oppresseurs et d’opprimés. Alors que ferez-vous ? rétorqua le nain d’une voix apaisante. 

 

Jocaste secoua la tête pour toute réponse. Elle n’avait pas l’intention d’entrer dans un débat politico-philosophique avec son ami. Elle n’avait pas sa patience et elle devait se tenir prête pour une autre discussion.

 

 

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G
Merci ! Nous espérons bien ouvrir une fenêtre vers de novueaux horizons à nos lecteurs et qu'ils auront autant de plaisir à lire qu'on en a à écrire. 
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O
ça y'est, je suis fan..... rien que les noms me font m'évader...Continuez....! 
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